Puisque tout ce qui existe à une âme, un esprit, et que toutes les choses et les êtres participent de cette même énergie vitale, le respect vis-à-vis de la vie et de sa nature sacrée est bien évidemment fondamental.
Les rapports quotidiens qu'entretiennent les hommes avec la nature sont commandés par le principe de réciprocité - celui du don et du contre-don -, qui s'inscrit toujours dans cette relation particulière à l'Univers : la nature donne à l'homme, qui en échange lui retourne quelque chose. Par exemple, la prise de gibier ou de poisson est célébrée par
une offrande, une naissance par un sacrifice...
On ne décide pas de devenir chaman comme on choisirait de devenir danseur, musicien ou architecte. il s'agit d'une vocation réservée à des individus particuliers choisis par les esprits, les ancêtres, ou encore par le clan à la suite d'incidents ou d'accidents interprétés comme des signes ; les pouvoirs chamaniques peuvent également être attribués par transmission héréditaire ou par décision personnelle et quête volontaire.
Dans le système de pensée chamanique, tous les éléments de la nature - hommes, animaux, plantes, minéraux - sont animés d'une même énergie, à la base même de la vie; les Chinois l'appellent qi, les Japonais ki, les Indiens pranâ, les anciens peuples scandinaves megin, et les Indiens d'Amérique du Nord mana. Les peuples de toutes les régions du monde partageaient -et dans certains cas partagent encore- la même croyance en une essence qui anime toute forme de vie et implique une interaction entre l'homme et son environnement : le Cosmos est imprégné du même souffle et parcouru par les esprits.
Dans les sociétés traditionnelles, le chaman le devient, soit parce qu'il est issu d'une lignée de Chamans (transmission héréditaire), soit parce qu'il a été désigné par le clan, soit parce qu'il a été Élu par les esprits (les signes ont parlé), soit encore par décision personnelle.
En Occident, un mouvement assez différent du chamanisme traditionnel a vu le jour à la faveur des désillusions de l'homme moderne face à une réalité de plus en plus vide de sens. Appelé néochamanisme, il mêle des coutumes traditionnelles (rituels de guérison, plantes médicinales, etc.) et des valeurs plus contemporaines propres à l'homme occidental (retour à la nature, redécouverte de la spiritualité, développement personnel, etc.). Ce courant a vu le jour à la fin des années 1960 aux États-Unis, principalement sous l'impulsion de l'ethnologue Carlos Castaneda.